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"Les soldats attachent des lampions à des mâts le long des chemins de ronde. On hisse des drapeaux pleins de noms de victoire. Les vétérans agacent les singes rapportés d'Asie par les troupes du commandant de Chaclos qui fêtent, ce soir-là, leurs succès aux pays d'Orient. Le fort contient mille animaux singuliers, des chiens dépourvus de tout poil, des bouquetins apprivoisés, des perruches loquaces habiles à réciter les poèmes des barbares. On a construit des trophées avec des armes étranges, des sortes de faux dentelées, des sabres courbes couverts de damasquinures, des cuirasses de fer et de laque. Les lunes et les dragons féeriques des étendards conquis flottent sur les arcs de triomphe en branches de sapin. Les chants patriotiques sonnent dans les cantines pleines de monde; et les papiers peints des lanternes dansent au vent."
Constatation d’Oriane (Bic noir pointe fine) : beaucoup de livres ignorés valent mieux que la plupart du petit nombre des livres connus mais ils ne correspondent pas à l’idéologie dominante du littéraire et surtout de celle de l’édition et de la vulgate enseignante. Pour un écrivain le dilemme est donc total : ou courber l’échine, se plier à ces lois et avoir quelque chance d’exister ou disparaître. J’ai trop de fierté pour accepter l’une ou l’autre…
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